mercredi, 23 novembre 2011 20:16

Newsletter N° 24

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"Le jeûne et la prière" face aux "démons modernes"

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Jésus donne-nous ta parole sur le pourquoi et le comment de jeûner aujourd’hui ? A cette prière l’Esprit nous a répondu par la bouche du père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, sur le commentaire de l’Evangile de ce dernier dimanche : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »


« Jésus ne nie pas ainsi la pratique du jeûne, mais il la renouvelle dans ses modes, ses temps et ses contenus. De nos jours, le jeûne est devenu une pratique ambiguë. Dans l’antiquité on ne connaissait que le jeûne religieux ; aujourd’hui il existe un jeûne politique et social (la grève de la faim), un jeûne lié à l’hygiène ou l’idéologie (végétarien), un jeûne pathologique (anorexie), un jeûne esthétique (pour garder la ligne). Il existe surtout un jeûne imposé par la nécessité : celui des millions d’êtres humains qui ne disposent pas même du minimum indispensable et qui meurent de faim.


Ces jeûnes-là n’ont en soi rien à voir avec des jeûnes religieux et ascétiques. Dans le jeûne esthétique, au contraire, on « mortifie » parfois (pas tout le temps) le vice de la gourmandise uniquement pour obéir à un autre péché capital, celui de l’orgueil ou de la vanité. »


Il est donc important de chercher à redécouvrir le véritable enseignement biblique sur le jeûne. « …Le jeûne est en soi une chose bonne et recommandable ; il traduit des comportements religieux fondamentaux : révérence par rapport à Dieu, reconnaissance de ses péchés, résistance aux désirs de la chair, sollicitude et solidarité envers les pauvres… Cependant, comme toutes les choses humaines, cela peut conduire à la « vanité de la chair » Il suffit de repenser aux paroles du pharisien dans le temple : « Je jeûne deux fois par semaine » (Lc 18,12)

Si Jésus nous parlait à nous, ses disciples d’aujourd’hui, sur quoi insisterait-il le plus ? Nous sentons comme une chose plus importante le fait de « partager le pain avec celui qui a faim et vêtir celui qui est nu » ; nous avons, à juste titre, honte de parler de « jeûne » quand ce qui serait pour nous le comble de l’austérité – manger du pain et de l’eau – serait pour des millions de personnes un luxe extraordinaire, surtout s’il s’agit de pain frais et d’eau potable !

La question de l’Evangile pourrait de nos jours être posée d’une autre manière : « Pourquoi les disciples de Bouddha et de Mahomet jeûnent-ils et les tiens non ? » (On sait avec quel sérieux les musulmans observent leur Ramadan)

Nous vivons dans une culture dominée par le matérialisme et par une consommation à outrance. Le jeûne nous aide à ne pas nous laisser réduire à de purs « consommateurs » ; il nous aide à acquérir le précieux « fruit de l’Esprit » qui est « la domination de soi », nous prédispose à la rencontre avec Dieu qui est esprit, et nous rend plus attentifs aux besoins des pauvres.» (Père Raniero Cantalamessa)

Aujourd’hui, où le corps est notre idole, nombreux sont ceux qui accueillent les modes alimentaires à l‘excès rejetant ce que le Père du Ciel nous donne en abondance. Ils cultivent leur « moi » intérieur au détriment des fruits de l’Esprit.

« Mais nous ne devons pas oublier qu’il existe des formes alternatives au jeûne et à l’abstinence de nourriture. Nous pouvons faire un jeûne de tabac, de boissons alcoolisées (cela fait non seulement du bien à l’âme mais aussi au corps), un jeûne des images violentes et sensuelles que la télévision, les spectacles, les revues, Internet déversent chaque jour. Cette espèce de « démons » modernes est également une espèce que l’on ne peut vaincre qu’à travers « le jeûne et la prière » (Père Raniero Cantalamessa)
 
    En ce temps de grâce du Carême, l’Esprit nous réinvite à ouvrir nos cœurs aux dons que le Père désire nous donner. Aucune prière et aucun petit renoncement n’est perdu pour Lui si l’amour de charité en est le moteur. Ils sont une manière de Lui dire ‘oui’ comme Marie, et d’être béni de Lui comme le fut la servante du Seigneur, et Lui nous donnera en abondance. Ce temps de « pèlerinage intérieur » (Benoît XVI) du carême est donc un temps de joie et d’amour pour libérer chacune de nos âmes et découvrir à travers ce détachement de nous-mêmes, la vraie liberté de l’Esprit de Dieu. Ainsi le parfum de l’Evangile est bien le signe de sa bénédiction et il se répandra autour de nous !


Le conseil d’Alleluia-France

 
 

Lu 1770 fois Dernière modification le mercredi, 03 octobre 2012 18:40
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